Nous refusons la clause de conscience pour le pharmacien

En Mars 2016, après une alerte du Planning familial de Gironde, Mme la Ministre Marisol Touraine se dit choquée qu’un pharmacien ose encore refuser la contraception à des femmes. En effet, les pharmaciens n’ont pas de clause de conscience. Il leur est interdit de refuser de délivrer un produit sur la base de leurs seules convictions personnelles. Mais cela pourrait changer !

Dans le projet du Nouveau Code de Déontologie, l’Ordre des Pharmaciens propose d’inscrire dans le chapitre “Devoirs envers les patients” une disposition selon laquelle :
« Le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine. »

Dans le code de déontologie en vigueur, les pharmaciens peuvent déjà refuser de délivrer un traitement dans l’intérêt de la santé du patient. Alors pourquoi inscrire cette clause de conscience dans le nouveau code si ce n’est pour satisfaire les pharmaciens les plus réactionnaires, qui souhaitent avoir le droit de ne pas délivrer certains médicaments par convictions personnelles ? Comme ceux qui refusent déjà de vendre des préservatifs, de délivrer la pilule, le stérilet ou encore la contraception d’urgence… De même que ceux qui refusent de délivrer des hormones aux personnes transgenres, des médicaments aux toxicomanes ou des traitements contre le VIH.

Comme ce pharmacien girondin, certains font déjà peu de cas du droit du patient, mais en toute illégalité. Cette disposition est un encouragement à continuer. Des groupes anti-IVG et anti-contraception se félicitent déjà de la proposition d’une telle clause.

Il est INACCEPTABLE qu’un pharmacien refuse de délivrer certains médicaments sous prétexte que cela heurte ses convictions. Nous, collectif de pharmaciens, refusons que le Code de Déontologie inclue une telle disposition, qui est une attaque directe des droits des patients. Le devoir des pharmaciens, c’est d’aider les patients et non d’entraver leurs droits ou de leur compliquer l’accès à un traitement. La clause de conscience a déjà démontré qu’elle était une perte de chances pour le patient. Jusqu’ici, les pharmaciens pouvaient s’honorer de ne pas en avoir.

Nous demandons à Mme Isabelle Adenot, Présidente de l’Ordre des Pharmaciens de retirer immédiatement cette clause du projet de Code de Déontologie.

Nous demandons également à Mme Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, de maintenir sa position en refusant l’inscription de cette clause dans le futur Code de Déontologie des pharmaciens et de lancer plus largement une réflexion sur la suppression de la clause de conscience pour TOUS les professionnels de santé comme c’est déjà le cas dans plusieurs pays européens. C’est au professionnel de santé de s’adapter aux patients. Pas l’inverse !

Signez la pétition ici

Les twittos signataires
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@tom_pharma, pharmacien à l’étranger
@Try_xy, étudiante en pharmacie
@victor_jfr, étudiant en pharmacie
@viraust, pharmacienne adjointe
@Vivet_Lili, étudiante en pharmacie

3 Comments

  1. Étudiant en 5ème année de pharmacie me destinant à la filière officine, je suis assez étonné de votre réaction face à ce que je considère être un texte renforçant l’indépendance du pharmacien dans le sens où il reconnait l’acte de dispensation comme une réelle étape dans le soin du patient et non comme la simple exécution d’une ordonnance.
    Loin de moi l’idée de juger les femmes qui avortent pour des raisons qui leur appartiennent, je ne souhaite pas pour autant être associé à la destruction de ce que je considère être une vie humaine naissante.
    Je comprends difficilement que vouliez absolument m’y contraindre en invoquant la fragilisation du maillage officinal: les moyens de transport du XXI siècle permettent tout à fait à n’importe quel patient d’aller s’approvisionner dans une autre pharmacie sans devoir passer une heure sur la route ! La clause de conscience des médecins n’a d’ailleurs pour l’instant pas mis en péril l’accès à l’IVG en France…
    Bien désolé de ne pas penser comme tout le monde, amicalement, un futur pharmacien

    • Vous vous destinez donc sciemment à entretenir la détresse de futurs patients. Félicitations.

    • « les moyens de transport du XXI siècle permettent tout à fait à n’importe quel patient d’aller s’approvisionner dans une autre pharmacie sans devoir passer une heure sur la route ! »
      Et pourtant SI ! Tous les patients ne vivent pas en zone urbaine avec 3 pharmacies dans leur ville !! Ici la plus proche est déjà à 20 minutes de voiture, comment font les mineurs ?
      « La clause de conscience des médecins n’a d’ailleurs pour l’instant pas mis en péril l’accès à l’IVG en France » au vu des témoignages, encore une fois SI ! Il est de plus en plus difficile d’avorter en France.
      On fait ces métiers POUR venir en aide aux patients par pour les contrôler il me semble ! Vous n’avez non seulement pas à juger mais non plus à imposer VOTRE conviction aux patients.

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