Tutoriel : Comment réagir si un pharmacien vous refuse la contraception d’urgence ?

Pdgd1967 : La loi Neuwirth autorisant la contraception en France est adoptée.
1975 : la loi Veil légalise l’IVG.
1999 : la première pilule du « lendemain » est disponible sans ordonnance.
2002 : délivrance gratuite et anonyme de la contraception d’urgence aux mineures.
50 ans maintenant que la contraception est un droit. Plus de 15 ans que la contraception d’urgence est accessible sans ordonnance. Et pourtant, en 2016, des pharmaciens refusent encore de délivrer la contraception d’urgence. Certains se permettent des remarques déplacées ou moralistes. Quand d’autres inventent des effets indésirables pour justifier leur réticence à la délivrance. Comment réagir si un pharmacien vous refuse la contraception d’urgence ? Ce tutorial s’adresse à tous, mineurs et majeurs, femme ET homme.

La contraception d’urgence est accessible sans ordonnance. Comme le paracétamol. Ces médicaments ont le même statut : ce sont des médicaments non soumis à prescription médicale. A ce titre, la vente de ces médicaments sur internet est possible. Plusieurs pharmacies en ligne agrées par une Agence Régionale de Santé en proposent (exemple ici)

Comme pour le paracétamol, le pharmacien peut refuser de vous délivrer la contraception d’urgence si c’est dans l’intérêt de la santé de la patiente. Ces situations sont peu nombreuses mais c’est possible. Si par exemple vous venez pour une contraception d’urgence alors que le rapport sexuel a eu lieu il y a plus de 5 jours, l’intérêt se pose. Ou si vous demandez 30 boites.

On met de côté ces cas pour se concentrer sur la situation où il n’y a AUCUNE raison médicale qui justifie un refus.

Un pharmacien ne peut pas vous refuser la vente de la contraception d’urgence
Dans ce cas précis, je vais être très clair : que vous soyez 1 homme ou 1 femme, mineur ou majeur, un pharmacien ne peut pas vous refuser la vente d’une contraception d’urgence. Ce point n’est pas à discuter. Et ce n’est pas juste un simple pharmacien blogueur qui le dit, c’est la Haute Autorité de Santé en 2013 dans ses recommandations intitulées « Contraception d’urgence – Prescription et délivrance à l’avance » (Lire page 40 et 41 – source ici).

Donc n’hésitez pas à imprimer ces 2 pages (voir à la fin du billet) avant même d’aller à l’officine si vous avez la moindre crainte.

Pour les jeunes filles mineures la délivrance est gratuite et anonyme
Vous êtes mineure ? Si vous souhaitez obtenir la pilule à l’avance, vous devrez payer la pilule (comme un adulte). Si vous devez obtenir la pilule suite à un rapport sexuel, elle vous sera délivrée gratuitement et de manière anonyme. Au préalable, vous devrez avoir un entretien avec le pharmacien dans un espace de confidentialité. Pas au comptoir de la pharmacie ! (Article D5134-1 du Code de santé publique)

Le pharmacien peut vous demander votre âge (et de quand date le rapport sexuel). Mais il n’a pas à vous demander une pièce d’identité (ni votre carte vitale avec photo qui est aussi, je le rappelle, une pièce d’identité). Sinon la délivrance ne serait plus anonyme. Si vous déclarez que vous êtes mineure, il n’y a pas besoin de justification supplémentaire. La déclaration orale de votre minorité suffit. Rien de plus (Article D5134-2 du Code de Santé Publique). Si le pharmacien demande une pièce d’identité, refusez. Si le pharmacien veut vous faire payer, refusez.

Si le pharmacien n’a pas la pilule en stock
Rien ne l’oblige à avoir un médicament en stock. Exigez la commande. Il n’a pas le droit de la refuser. Puis, allez dans une autre officine quand m^me pour récupérer la pilule. Demandez à l’autre officine s’il y a une rupture de stock du fabricant pour vérifier. Pour rappel, un grossiste repartiteur a comme obligation de livrer le pharmacien sous 24h après réception de la commande (sauf si celle-ci a lieu après le samedi 14h – article R.5124-59 du code de la santé publique). N’hésitez pas à appeler le pharmacien le lendemain pour savoir si son problème de stock était réel (ça peut arriver) ou s’il s’agissait d’une manoeuvre pour refuser la vente.

Rappel
Pour tout ce qui va suivre, vous devez respecter une règle : restez poli et courtois tout au long de l’échange.

On vous refuse la délivrance de la contraception d’urgence
Est-ce le titulaire, un pharmacien adjoint ou un préparateur qui vous a refusé la délivrance ? Si ce n’est pas le titulaire, demandez à lui parler. Dans tous les cas, notez les noms de tous les intervenants. Pour le titulaire, c’est facile, c’est marqué à l’entrée de la pharmacie.

N’hésitez pas à affirmer vos droits : la contraception d’urgence est accessible sans ordonnance. Comme le rappelle la recommandation HAS (page 41), sans motif médical, c’est un refus de vente.

S’il y a d’autres personnes dans la pharmacie, demandez leur d’être témoin de ce refus de vente et prenez leurs coordonnées. Interpeler les patients présents devrait vite ramener le pharmacien récalcitrant à la raison.

Si le pharmacien vous menace d’appeler la police, ne vous laissez pas intimider, proposez lui d’utiliser votre téléphone.. De toute façon, vous aviez prévu de déposer plainte pour ce refus.
Et si en plus vous êtes mineur, appeler la police sans motif légitime serait une rupture de l’anonymat. Et donc une faute supplémentaire de la part du pharmacien (cf. décision du CROP de Lorraine du 03/02/2010).

S’il n’y a pas de témoin ou si vous n’êtes pas à l’aise avec ces conseils, ce n’est pas grave. Partez. Si vous avez besoin de cette pilule suite à un rapport, trouvez d’abord une autre officine où on vous délivrera la contraception d’urgence. Plus vous prenez la pilule tôt après le rapport, plus son efficacité est élevée.

Vous avez pris la pilule contraceptive d’urgence, une partie du stress est partie. Parfait. C’est l’heure de réagir maintenant.

4 courriers pour en finir avec ces refus de vente !
Je vous propose de rédiger 4 courriers : 1 à écrire et 3 à copier/coller. Vous allez voir, c’est assez simple.

Premier courrier : Plainte au Procureur de la République
Refuser la vente d’une contraception d’urgence sans motif légitime est pénalement répréhensible.
Rendez vous sur ce site officiel pour obtenir le modèle du courrier à envoyer. Reprenez les faits et communiquez les coordonnées de vos témoins. Ce premier courrier va vous servir à rédiger la plainte à l’Ordre des Pharmaciens.

Remarque : vous pouvez également porter plainte en vous rendant directement au commissariat dont dépend la pharmacie.

Deuxième courrier : Plainte à l’Ordre des Pharmaciens
Le courrier est similaire. Vous l’adressez au Président de l’Ordre de votre région. En plus des faits et des coordonnées des témoins, vous demandez une action disciplinaire (voir le détail de la procédure ici).
En cas de propos vexatoires, humiliants ou moralisateurs, vous pouvez également faire un courrier à l’Ordre.

Troisième courrier : Signalement à l’Agence Régionale de Santé
Reprenez le premier courrier. Adressez le à l’ARS de votre région. Cette fois vous ne portez pas plainte. Vous portez ces faits à la connaissance de l’ARS et de ses pharmaciens inspecteurs. Et vous leur demandez si de tels faits sont normaux. Pour information, certaines ARS répondent sur Twitter et vous pouvez communiquer avec elles par e-mail.

Quatrième courrier : Signalement au Planning familial
Vous faites une copie de tous vos courriers et vous les envoyer au planning familial de votre département pour information en leur demandant si possible de faire un testing.

Et un cinquième au Défenseur des Droits si vous êtes mineure.
Attention : une mineure peut porter plainte et saisir le défenseur des droits. Mais, la suite impliquera de faire participer les parents aux différentes procédures. Si vous ne voulez pas que vos parents soient informés, envoyez simplement un courrier au planning familial.
Sinon, vous pouvez faire un dernier courrier au défenseur des droits qui vous assistera tout au long des procédures. La saisie du Défenseur des Droits peut se faire en ligne

Enfin, vous pouvez également prendre un avocat pour vous aider à aller plus loin dans les procédures si vous le souhaitez.

Rappelez-vous, si vous voulez que les choses changent, le dire sur Twitter ou sur les réseaux sociaux, c’est bien. 4 courriers en plus c’est encore mieux.


A imprimer

Page 40 - Recommandation HAS - CU Page 41 - Recommandation HAS - CU
Depuis 2015, la pilule Ellaone (UPA) est aussi disponible sans ordonnance et gratuite pour les mineures.
Recommandations en Santé Publique – Contraception d’urgence – Prescription et délivrance à l’avance – HAS 2013


Pourquoi ce tutoriel ?
En juillet 2016, un collectif de pharmaciens (dont je fais partie) s’est créé sur Twitter pour demander le retrait d’une clause de conscience dans le Code de Déontologie qui auraient pu encourager certains pharmaciens à refuser la vente de médicaments pour raison personnelle. Des femmes (et des hommes) témoignent de leur difficulté à obtenir la contraception d’urgence en pharmacie sur les réseaux sociaux. Suite à l’article du Plus, j’ai proposé sur Twitter un tutorial pour réagir quand cette situation survient afin d’en finir avec les refus et les comportements vexatoires, humiliants et/ou moralisateurs.

Quant aux mythes sur les « dangers » de la contraception d’urgence, n’oubliez pas le leitmotiv de ce blog : lisez la notice ! La plupart des quelques motifs légitimes justifiant un refus se trouvent dedans.


A lire
– RCP et Notice du Norlevo
– RCP et Notice d’EllaOne
– Contraception postcoïtale : trop de pharmaciens en défaut – LA REVUE PRESCRIRE OCTOBRE 2008/TOME 28 N° 300

40 Comments

  1. J’adhère à 100 % avec ce billet.
    Le refus de vente de la CU n’est pas justifié.
    Je pense néanmoins que ces refus sont tout de même rare, mais par contre il faut améliorer la prise en charge lors de la dispensation des 2 médicaments (LNG et UPA).

    • Merci pour ce commentaire. En 2008, la Revue Prescrire citait une étude faite sur un petit échantillon en 2006 (voir dans les liens à lire). Malheureusement, les refus, à cette époque, étaient loin d’être anecdotique. J’espère qu’en 10 ans, la situation a évolué favorablement.

    • Malheureusement non.
      J’ai ete dans cette situation il y a 4 ans, j’ai du faire 6 pharmacie avant  » d’avoir le droit  » de l’acheter sans ordonnance….

    • Ne pas oublier : les infirmeries collège + lycée publics peuvent donner la contraception d’urgence si vous le demandez. C’est totalement anonyme.

  2. Bonjour,

    J’ai demandé, en commentaire d’un article au sujet d’un pharmacien qui a eu un comportement honteux avec une cliente, pourquoi elle n’avait pas nommément désigné la pharmacie ou le pharmacien, ce à quoi on m’a répondu que ce dernier pouvait porter plainte.
    Confirmez-vous que le pharmacien pourrait avoir recourt à cela?

    Je trouve extrêmement dommageable pour l’ensemble de la communauté qu’on ne puisse connaitre les noms des praticiens (je pense également au gynécologues, dont on peut lire les comportement choquant parfois dans certains articles…) afin de ne pas se risquer nous-même, ou nos connaissance à aller les consulter.

    Merci.

    • Si les faits sont avérés et si les propos tenus restent factuels et neutres, la plainte du pharmacien ne mènerait nulle part. D’où l’importance de rester poli et courtois, sur internet aussi, même si la colère est compréhensible.

  3. Ce fameux « témoignage » du « Plus de L’Obs »….Si l’on y prête une attention méritée, çà pourrait ressembler quelque peu à un article « bidonné » voire à une fable de circonstance.
    en effet :
    – L’auteur reste anonyme se contentant pour son nom d’une simple initiale ; quant au prénom l’article nous dit qu’il a été modifié (Sic !). Tout au plus nous indique-t-elle sont âge et son statut d’étudiant ; soyons heureux de ces détails invérifiables et pour le moins peu compromettants.
    – Le Pharmacien n’est pas identifié, la Pharmacie non plus.
    – Aucune date, pas de lieu….
    Tout cela atteste d’un « grand flou » et pourrait relever tout autant de la manipulation que de l’information, d’autant que les risques sont totalement nul ainsi que vous l’écrivez ci-avant : « Si les faits sont avérés et si les propos tenus restent factuels et neutres, la plainte du pharmacien ne mènerait nulle part »
    Mais manifestement le « sens critique » s’accommode mal de certains combats idéologiques, fussent-ils fondés ni de certaines ambition médiatiques, fussent-elles démagogiques.
    Dommage pour la crédibilité des propos ici partagés.

    • Faire d’un principe de précaution un élément à charge contre un témoignage d’une femme (comme il y a en des millions – faut-il les prouver tous pour que vous y croyiez?) qui raconte ce que vivent semble-t-il tout les jours quasiment toutes les femmes…
      Une petite prouesse rhétorique. Bravo.
      Dans l’air du temps, soit, et ça n’ajoute, ni n’enlève rien au débat… mais petite prouesse rhétorique tout de même…

  4. Le « Témoignage » gagnerait en crédibilité s’il n’était pas aussi « masqué ».
    De fait on peut s’interroger sur les motivations d’une telle « prudence » qui conduit l’auteur, non seulement à se « cacher » mais encore à éviter toute indication concernant les personnes qu’elle met en cause.
    Je ne vois pas quelles potentielles « représailles » justifieraient un tel « principe de précaution »
    Accéder à un contraceptif, n’a rien de « honteux » et dénoncer un comportement effectivement humiliant et contraire à l’éthique pharmaceutique serait tout à fait justifié…si cette indignation ne s’abritait pas derrière un anonymat suspect.
    Quant au « million de témoignages similaires », permettez moi de vous soupçonner d’exagérer quelque peu, tout autant qu’il est difficile de considérer sérieusement vos propos quand vous écrivez que « tous les jours, quasiment toutes les femmes, vivent ces humiliations ».
    En toute chose l’exagération est néfaste et pour reprendre une expression banale qui pourrait s’appliquer à votre affirmation: « tout ce qui est excessif est dérisoire ».
    Tout ça respire quelque peu le « coup de com » et le légitime combat pour l’accès à la contraception mérite mieux que ce genre de « manipulations médiatiques ».

    • Beaucoup on évoqué une éventuelle plainte pour diffamation des pharmaciens concernés (puisque les saut(e)s qui ont écrit ici leur témoignages n’ont pas d’expérience solide en Droit, et ne veulent pas outrepasser les leurs). Comme représailles je vous invite donc à considérer les répercussions d’une telle éventualité.

      Vous parlez du fait de « s’abriter derrière l’anonymat »… on peut lire en sous-entendu votre condescendance à l’égard de cette lâche qui n’a pas le courage de ses opinions.
      Vous ignorez probablement (puisque vous demandez « quelles potentielles « représailles » justifieraient  » cet anonymat) que certaines femmes se font harceler sur internet juste pour la simple raison d’avoir parler ouvertement.
      ça nous fait donc deux raisons pour justifier le principe de prudence.

      Vous semblez également ignorer qu’on reproche souvent (un peu à la façon dont vous le faites maintenant) aux femmes, pour des raisons si diverses et variées qu’elles ne peuvent se préparer à répondre à toutes, malheureusement (dans votre cas ici présent, c’est qu’en réalité, cette femme ne témoigne pas, mais elle…? fait un coup de com’!) on reproche souvent aux femmes, dis-je, des détails qui, parfois les ont conduits à leur mésaventure, ou, d’autres fois, discréditent leur témoignage.
      L’argument que vous avancez du coup de com’… Culotter comme hypothèse mais nous avons l’habitude de voir les hommes noyer le poisson des vrais problèmes dans des considérations sans vraiment d’importance, mais qui émoustillent l’intellect masculin bien davantage (les discussions de salon nous ramènent à cette si belle époque où nous autres, mâles, fumions le cigare en parlant de choses d’adultes pendant que les femmes s’émerveillaient devant de simples papillons dans le jardin…)

      Le faux problème (devrais-je dire plutôt : la fausse réflexion) que vous posez ici, sans peut-être vous en rendre compte, est exactement du même acabit.
      Voulez-vous vraiment perdre votre temps à disserter sur la véracité de ce témoignage lorsque dix milles sont bien plus probants mais ne sont pas récoltés (ou pire, ne sont pas pris en compte)?
      Par ailleurs, ce qui relève dans vos propos de la plus pure spéculation vous suffit à rendre irrecevable un témoignage qui, si vous étiez un peu familiarisé avec le sujet, vous semblerait désespérément banale pourtant.

      Mais je note surtout ceci:

      Comme à chaque fois, lorsqu’une femme raconte quelque chose, il y a un homme (au mieux, si non des centaines) pour déplacer le problème sur une question tout autre que la question de la condition des femmes. Pourquoi? Parce que malgré tout ce que vous direz, la condition des femmes n’intéresse pas les hommes.
      Les hommes préfèrent discuter le bout de gras sur des subtilité de com ou de rhétorique.
      ça c’est vraiment important. Oui.

  5. Pour ce qui est du risque et du préjudice d’une « plainte en diffamation, LA COUPE D’HYGIE a répondu ci-dessus et par anticipation à votre dissertation: « Si les faits sont avérés et si les propos tenus restent factuels et neutres, la plainte du pharmacien ne mènerait nulle part ».
    Pour le reste vos élucubrations n’apportent malheureusement aucun élément factuel permettant de juger de la véracité des propos « rapportés » par le plus de l’Obs. et conséquemment de « l’humiliation » évoquées.

    PS. relativement à la condition de la femme permettez-moi de penser y accorder autant d’intérêt que vous, mais à votre différence je ne prétends pas parler en leur nom ! Question de respect à leur égard tout autant que d’humilité…

    • Et pour conclure, il n’y a rien de « Rhétorique » à porter un regard critique sur les dénonciations (fussent-elles peu explicites) par lettre anonyme, procédé dont les heures les plus noires de notre histoire m’ont appris à me méfier…

    • Et pour conclure, il n’y a rien de « Rhétorique » à porter un regard critique sur les dénonciations (fussent-elles peu explicites) par lettre anonyme, procédé dont les heures les plus noires de notre histoire m’ont appris à me méfier…

    • On vient donc de passer d’un « je discrédite le témoignage d’une femme victime d’un comportement odieux d’un praticien parce que je suis humble et finalement très féministe » à (dans votre deuxième commentaire) l’ombre d’un point godwin en si peu de temps que ça m’en laisse sans voix.

      Je ne crois pas parler en leur nom (et si c’est le cas, je fais mes plus plates excuses). Je vous rapporte simplement ce qui justifierais, à mes yeux, que j’ai le même comportement que la femme qui témoigne, et que vous « regrettez » tant (devrais-je dire que vous dénoncez avec suspicion, comme si elle était en faute de quoique ce soit avant d’être victime de quoique ce soit).
      Par ailleurs, si vous aviez fait attention, vous sauriez que La Coupe D’Hygie n’a pas répondu à mes propos puisque c’est moi-même qui lui ai posé la question. Et un savoir n’étant malheureusement pas rétro-actif, la personne qui a écrit se témoignage (ainsi que toutes les autres qui n’ont malheureusement pas lu les propos de La Coupe D’Hygie) ne le savent pas.

      Profiterez-vous alors de leur manque de savoir spécifique sur cette question pour remettre systématiquement en doute leur témoignage?
      Profitez de ce temps que vous possédez pour traiter le problème fondamental plutôt qu’imaginer des complots et des manipulations médiatique.
      Les problèmes de sexisme, eux, sont constants et bien plus réels.
      Sur ce, je vous laisse le mot de la fin si ça vous sied.
      J’en ai fini.

    • … Par ailleurs, si vous aviez fait attention, vous sauriez que La Coupe D’Hygie n’a pas répondu par anticipation* à mes propos … (fallait-il lire…)

    • Je ne mets systématiquement en doute que les dénonciations anonymes, seulement les dénonciations anonymes; ça s’appelle « l’esprit critique ».
      Je ne discrédite aucun témoignage factuel mais celui-ci manque singulièrement d’éléments permettant de le considérer comme tel.
      A ce stade vous êtes loin de m’avoir convaincu qu’il y a davantage de pertinence à le considérer comme véridique que comme affabulatoire.
      Mais, si vous avez des éléments factuels d’appréciation de la réalité des faits et de l’existence effective de l’auteure…. je suis tout à fait disposé à les considérer et à réviser ma position. Bonne recherche et bonne journée !

    • Bonjour François. Frank vous a répondu. Inutile de répéter ces propos. Les multiples témoignages attestant de ces comportements montrent que ce problème existe. Il n’est pas anecdotique et doit cesser dans l’intérêt même de cette profession. Ces comportements portent préjudice à la majorité des pharmaciens qui font preuve d’écoute, d’attention et de professionnalisme.

    • Bonjour à vous également LA COUPE D’HYGIE,
      Que le problème puisse exister, que le cas échéant il doive cesser et que les Pharmaciens en infraction soient condamnables et condamnés, j’en convient parfaitement.
      Vos arguments juridiques sont peu contestables et je les fais volontiers miens si de telles pratiques sont effectivement constatés.
      Pour autant vous m’accorderez, je l’espère, que le fait que de telles accusations soit attestées par des témoignages fiables et vérifiables ne nuirait nullement à l’éthique du débat.
      Sans ignorer qu’un certain nombre (d’hommes et) de femmes soient peu au fait des procédures, et considérant pour autant que nombre d’entre elles sont suffisamment cultivés (quand bien même elles n’auraient pas disposé des informations pertinentes de votre « tutoriel »), curieuses et courageuses pour ne pas se contenter d’une « contribution anonyme dans le «Plus » de « l’Obs ».
      Je vous pose simplement les questions suivantes :
      • Combien à ce jour, de Plaintes auprès du procureur de la république ?
      • Combien à ce jour, de Plaintes auprès du conseil de l’ordre ?
      • Combien à ce jour, de signalement aux ARS ?
      • Combien à ce jour, de signalement au planning familial ?
      • Combien à ce jour, de signalement au défenseur des droits ?
      Des réponses précises à ces questions ne sauraient que donner une vision concrète de la réalité et de l’ampleur du problème, ce sur quoi un témoignage anonyme et invérifiable, aussi émouvant puisse-t-il être, ne contribue nullement à nous éclairer.

  6. Bonjour , et bien c’est du vécu ! par ma fille… qui ne m’en a parlé que après, sinon, je serais allée avec elle chez CES pharmaciens stuoides et moralisateurs.
    Refus de vente, sarcasmes, morale (à plus de 30 ans, quand même).
    Elle aurait pu se passer de prendre cette pillule qui a des effets secondaires néfastes, car on ne de vient pas enceinte forécement à chaque rapport non prévu (et non désiré parfois, pensez-y).
    Les effets psychologiques de cette attitude méprisante des pharmaciens se sont fait sentir longtemps. L’humiliation qui s’ajoute à une situation douloureuse laisse des cicatrices.
    Je ne crois pas qu’elle aurait pu écrire des courriers….

    • Bonjour. Pouvez-vous déclinez distinctement votre identité complète?
      C’est pour savoir si vous n’être pas entrain de faire un coup de communication en réalité…

      (Je plaisante, par rapport aux commentaires qui parle de « s’abriter derrière l’anonymat »…) 🙂

    • Je déplore le comportement et cette culpabilisation inepte sur ce moyen de contraception. Je comprend la difficulté d’écrire. Mais ces courriers sont malheureusement le seul moyen de faire changer rapidement ces comportements. Sinon, ils continueront.

  7. Franck, je n’ai pas envie que mon nom apparaisse sur toutes les recherches concernant le sujet, de plus il ne s’agit pas de moi mais de ma fille… déjà vous avez ma photo, je ne sais pas comment la retirer !

    • C D, mon propos était un trait de second degré (ou troisième peut-être héhé!), en rapport à de précédents commentaire qui estimaient que des propos anonymes sont, au mieux, des propos non-assumés, et au pire, des mensonges.
      J’ai bien conscience que dans des débats de ce type, donner un quelconque élément qui pourrait permettre à une femme d’être identifier (et parfois à des hommes aussi) est quelque chose qui peut très rapidement se retourner contre elle.
      Je n’ai donc aucun soucis avec ça (d’autant que les questions abordées ici sont tout à fait connus).

  8. Si le refus de délivrance de la pilule du lendemain pour des raisons autres que médicales est tout à fait répréhensible il n’en reste pas moins que le simple dialogue en la matière ,en particulier avec une mineure,n’est pas chose aisée ,de surcroit pour un pharmacien homme qui pourrait largement être son père … Inutile d’essayer d’avoir un entretien dans un espace de confidentialité avec une ado esseulée à l’heure bénie de la fermeture, au risque de « traumatiser » la jeune fille .Parfaitement improductif de recevoir une délégation de copines particulièrement motivées venues soutenir la demande de la principale intéressée .Personnellement je fais davantage confiance au pouvoir pédagogique par ricochet du petit copain qui assume et vient tout penaud tenter de réparer la situation ( jurant bien qu’on ne l’y reprendrait plus …) Solidarité de machos diront les féministes . Plus sérieusement, à l’heure où certains s’inquiètent du danger des « médicaments bonbons  » , banaliser et présenter comme un acquis non pas la contraception d’urgence mais son usage répété, de précaution,sans aucun contrôle s’agissant d’une « vente libre, anonyme et gratuite » , me parait extrêmement préoccupant .Une pilule du lendemain équivaut tout de même, qu’on le veuille ou non, à une boite de pilules mini dosées. Dans dix ou vingt ans serons nous à l’abri d’un « scandale du Norlevo » mettant en avant la légèreté des pharmaciens ,seuls responsables en la matière,n’ayant pas suffisamment exercé leur simple sens critique sur les éventuels dangers d’une contraception d’urgence en prises répétées en se réfugiant confortablement derrière des textes « interdisant d’interdire » ? Qu’on songe au procès fait aujourd’hui à la prescription et la délivrance de Dépakine chez la femme enceinte, pourtant présentée pendant des décennies comme un moindre mal … De quel droit voudrait-on interdire aux femmes épileptiques d’avoir des enfants ? Une crise d’épilepsie durant une grossesse n’est-elle pas à tout prendre plus dangereuse pour l’enfant à naître que la prise d’un médicament par ailleurs parfaitement toléré et d’une grande efficacité ? Etc, etc …Le doute présent pourrait éviter les fautes futures.

    • Merci pour ce commentaire. Je ne comprends pas très bien votre propos sur la boite de pilule mini dosée, ni les « dangers » de l’usage répété. Le Norlevo est sur le marché depuis 15 ans. A ce jour le bénéfice/risque est systématiquement positif. De plus, les « risques » d’un usage répété sont un mythe démenti par les faits (je vous renvoie aux différentes publications HAS et OMS). Enfin, comparer la Dépakine à la contraception d’urgence n’est pas sérieux. Les idées reçues sur la contraception d’urgence (au sein même des professionnels de santé) ont la vie dure malheureusement.

      • @ la coupe d’Hygie le Norlevo est 40 à 50 fois plus dosé en Ethynil estradiol qu’un comprimé de pilule minidosée ,ce qui n’est pas inquiétant en soi mais suffit à ne pas mettre contraception d’urgence et contraception classique sur le même plan. La contraception d’urgence, dérogatoire par bien des aspects, doit rester une contraception d’exception. Or rien ne permet à un pharmacien de s’en assurer ,en particulier pour les mineures pour lesquelles absence de prescription, anonymat et gratuité empêchent toute traçabilité .D’autant plus regrettable qu’aujourd’hui la contraception hors urgence pour les mineures de moins de quinze ans bénéficie elle aussi, sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme, de la gratuité et de l’anonymat . Une méthode à privilégier ( et à promouvoir ! ) ,qui évitera bien des incompréhensions , des frustrations et des contentieux …

          • Ooooops ! Lire Levonorgestrel et pas EE … Merci d’avoir relevé l’erreur.Il reste qu’un comprimé de Norlevo dosé à 1.5mg équivaut effectivement à 50 comprimés de Microval dosés à 0.03 mg . Ce qui fait quand même une grosse pilule !

  9. Bonjour,

    Dans quel délai faut-il envoyer ces courriers pour qu’ils aient un effet ? J’ai connu ce problème il y a quelques années, j’étais pourtant sûre de moi et pas dans une situation très délicate (rupture de préservatif, avec parents au courant que j’avais un copain et une vie sexuelle, j’aurais donc pu me tourner vers eux si je n’avais pas fini par trouver toute seule une pharmacie qui accepte de me donner la pilule du lendemain) mais j’avoue que j’ai perdu mes moyens quand les différents pharmaciens m’ont foutu la honte devant tous les clients, quelques temps après j’aurais toutefois pu me mobiliser pour les dénoncer !

  10. Les plaintes doivent se faire dans les délais de prescription de l’action pénale et de l’action disciplinaire. Si vous envoyez ces courriers. Rappelez les faits en étant précis dans vos dires (date, lieu, heure, etc…) et sur un ton neutre. Si les faits sont prescrits, vos actions seront classées sans suite MAIS, vous aurez fait les signalements qui pourront servir à d’autres.
    Vous pouvez également en discuter avec un avocat ou prendre contact avec la maison de la Justice et du Droit de votre ville pour obtenir plus de conseils.

  11. Pour avoir la contraception d’urgence vous pouvez la demander à votre infirmerie collège + lycée publics. C’est anonyme et gratuit.

    Vous signalez en même temps si un pharmacien vous a refusé la contraception d’urgence, l’a fait payer, a demandé votre carte d’identité à l’infirmièr(e). Ce sera remonté de manière anonyme au niveau du département. Et ça évite l’étape 5.

  12. Monsieur, je constate que vous n’êtes pas inscrit à l’ordre des pharmaciens bien qu’en industrie alors qu’une section existe peut être exercez vous votre diplôme dans une industrie non pharmaceutique? En tout cas vous êtes bien loin du terrain et de notre métier, le nombre de plainte à l’Ordre et de condamnations pour refus de délivrance est aujourd’hui de 1 pour la pilule du lendemain ce qui est infime.Je suis choquée par vos propos car recommander d’appeler la police pour un refus n’est pas éthique , même pour un pharmacien non inscrit. Vous devriez prôner le dialogue et la communication.Vous jetez le discrédit sur notre profession en vous basant sur des témoignages anonymes , non vérifiables.Vous occultez nos obligations de conseil pour une contraception en banalisant ce qui reste un acte pharmaceutique qui engage la responsabilité du pharmacien.

    • Merci pour ces commentaires chaleureux. Vous me reprochez de tenir compte des témoignages anonymes sur la contraception d’urgence. Puisque vous êtes vous-même anonyme, je propose d’appliquer votre conseil et donc, de ne pas tenir compte de vos commentaires.

  13. P.S Puisque vous n’êtes pas inscrit à l’Ordre, je vous rappelle que vous ne pouvez pas faire état comme vous le faite d’être Pharmacien car pour exercer le métier de Pharmacien vous devez être inscrit à lOrdre , vous avez le diplôme de Docteur en Pharmacie.CF Code de la santé publique

  14. je met volontairement anonyme puisque vous relatez des témoignages non vérifiés
    et je remarque que mon commentaire dérange

  15. L’avenir nous dira si le tutoriel a générè une inflation de plaintes et signalements judiciaires et ordinaux, mais pour citer « Libération » de ce jour 24/08/2016 (quotidien que l’on peut considérer comme l’organe d’expression corporatiste des Pharmaciens d’officine) :
    « Actuellement, deux dossiers sont en cours, indique à Libération l’Ordre national des pharmaciens. Un praticien catholique de Salleboeuf, près de Bordeaux, a écopé d’une suspension d’une semaine pour avoir refusé de vendre des contraceptifs. L’homme, déjà condamné pour des faits similaires dans les années 90, peut encore faire appel. Dans la banlieue rennaise, une plainte, émanant également du président de l’Ordre régional des pharmaciens, a été déposée contre une officine filmée en juillet en caméra cachée par l’Express ».
    Deux (2) dossiers en cours pour un million et demi (1.500.000) de contraceptifs d’urgence délivrés chaque année (pour moins de 15 millions de femmes en age de procréer -15 à 50 ans).
    Libre à chacun de tirer ses propres conclusions du rapprochement de ces deux chiffres, rares éléments factuels d’actualité !

  16. Bah j ai toujours acheté en avance ma contraception d urgence et les pharmaciens ne m’ont jamais fait de reflexions pour ça (au contraire)
    (L’angoisse du samedi soir avant un lundi férié dans un bled paumé…)

  17. Tu n’en a pas marre de dénigrer la profession ? Tu es toi même pharmacien (industrie si j’ai bien compris, mais es tu au courant qu’il y a de fortes chances que tu finisse viré de l’industrie à 40 ans et que tu retourne en officine par la suite ?)

    Les pharmaciens souffrent déjà d’une mauvaise image et tu ne fais qu’empirer les choses…
    Tu connais vraiment des pharmaciens qui refuse la CU ? Perso j’en ai jamais vu, et c’est pas un pseudo reportage sur une pharmacie perdue au milieu du monde qui réussira à me faire croire que tous les pharmaciens refusent la CU.

    • Bonjour. Merci pour ce commentaire. Je vais prévenir de ce pas tous mes collègues de plus de 40 ans. Avoir le souci de l’amélioration de nos pratiques est un moyen de faire grandir notre profession.
      Pour le reste, je ne chercherai pas à vous convaincre avec des statistiques. J’ai bien compris malheureusement que votre cas perso est supérieur à toutes les études sur ce sujet.

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